Plus de 15'000 neuchâtelois syndiqués ouvertement insultés par le député PLR Olivier Lebeau sur facebook

En croisade pour le démantèlement des bonnes conditions de travail dans le domaine de la santé, le député PLR Olivier Lebeau a en toute simplicité annoncé que chaque citoyen membre d’un syndicat était un mauvais employé.

« en même temps s’ils savaient bosser, ils n’auraient pas besoin d’être syndiqué… » M. Olivier Lebeau, facebook, le 16 novembre 2017.

 

Communiqué de presse
Union syndicale cantonale neuchâteloise

Nos syndicats travaillent régulièrement avec les associations patronales représentant divers employeurs. Ce n'est pas parce que ces employeurs sont membres d'une association que se sont de mauvais employeurs. De même, ce n'est à l'évidence pas parce qu'on est syndiqué qu'on est un mauvais employé ! Le prétendre est une injure de la part d'un politicien d'un canton où le partenariat social est au cœur même de notre prospérité et d'un climat social en général correct.

Notre société s'est développée - dans notre canton comme en Suisse - principalement grâce au combat de nos ainés qui parfois au péril de leur vie se sont mobilisés pour qu'aujourd'hui nous puissions avoir des conditions de travail dignes dans la plupart des branches, négociées entre représentants employés et représentants employeurs. C'est en 1877 que la première loi sur les fabriques a vu le jour, avec une semaine de 65 heures, salaire non garanti, pas de vacances, pas d'assurance perte de gain, pas de sécurité sociale. En 1918 la Grève générale, dont on a lancé ces jours la commémoraison, a permis diverses avancées comme l'introduction de la semaine de 48 heures, l'entrée en vigueur de l'AVS, la semaine de 5 jours, le droit de vote des femmes etc. Tous ces progrès que personne n'oserait remettre en cause aujourd'hui ont été obtenus grâce à un ferme engagement des syndiqués et des organisations syndicales. Ces luttes n'ont pas été menées parce que les syndiqués ne voulaient pas travailler, mais parce qu'ils se sont engagés pour le bien de l'ensemble de la population et pour la dignité dans le monde du travail.

Voir Monsieur Lebeau, médecin et très proche des milieux de la providence et du groupe Genolier, se permettre de dire au personnel de la santé qu'il ferait mieux de travailler plutôt que de lutter pour le maintien de conventions collectives uniques pour l'ensemble du personnel travaillant dans les soins, est une honte et un affront pour les salarié-e-s de la santé qui s'épuisent au travail. Dans un contexte hospitalier neuchâtelois déjà tendu c'est inacceptable et mérite des excuses de la part de son auteur, qui a encore imagé ses propos avec des chats.

Etre syndiqué est un droit constitutionnel. Il n'est pas admissible qu'un élu réduise celles et ceux qui usent de ce droit, à du personnel de bas étage et en le qualifiant de flemmard.

D'ailleurs, l'arrogance des référendaires de droite pour la votation du 26 novembre est inacceptable. Et l'Union syndicale cantonale neuchâteloise appelle la population à voter deux fois non au scrutin du 26 novembre prochain.