Les travailleurs de la construction luttent pour leur santé

Sous la devise «Pas de convention, pas de maçons», un millier de travailleurs de la construction ont participé à des actions de protestation contre le vide conventionnel dans 11 cantons du pays.

 

Pendant 70 ans, la convention nationale du secteur principal de la construction (CN) a garanti des conditions de travail correctes sur les chantiers. Les travailleurs se retrouvent maintenant sans protection après que la Société suisse des entrepreneurs a résilié la CN l’an dernier et que, au début de l’année, sa direction n’a pas tenu parole – envoyant balader le compromis négocié en décembre lors de la médiation. En l’absence de convention nationale, les travailleurs n’ont plus de protection efficace contre le dumping salarial ou les journées trop longues et encourent encore plus de risques d’accidents et de nuisances pour leur santé.

 

Des travailleurs ont protesté aujourd’hui dans toute la Suisse contre le chaos menaçant la branche de la construction par des pauses de neuf heures ou de midi prolongées. Le travail s’est arrêté pendant une heure ou plus sur plusieurs dizaines de chantiers dans les villes ou environs de Bienne, Brigue, Coire, Glaris, Granges, Neuchâtel, Pratteln, Reihnfelden, Sion, St-Gall, St.-Maurice et Wollerau ainsi que sur le chantier de la Transjurane à Court.

 

Malgré les pressions exercées par les patrons – à Fribourg, par exemple, les horaires ont été modifiés au dernier moment et les travailleurs ont reçu des lettres d’intimidation, à Granges, les travailleurs ont été transféré sur un autre chantier, à Coire, les entrepreneurs ont fermement «invité» les travailleurs pour le repas de midi – environ un millier de travailleurs ont participé aux actions. Les protestations les plus importantes ont eu lieu à Pratteln/Reinfelden (220 participants), à Bienne (80) et en Valais (150).

 

Les travailleurs ont confirmé qu’ils étaient prêts à faire la grève – soutien populaire

Les risques accrus par le vide conventionnel en matière de sécurité et d’atteintes à la santé ont été au centre des actions de protestations. A Neuchâtel, où un tragique accident a coûté la vie à un ouvrier et en a gravement blessé un autre la semaine passée, ce thème a eu un fort écho auprès des travailleurs. Les travailleurs craignent en outre, qu’avec la reprise de la saison sur les chantiers, le dumping salarial et social, puisque les salaires minimaux n’ont plus court. Les maçons ont montré aujourd’hui qu’ils étaient prêts à prendre part aux grèves plus conséquentes qui sont annoncées pour ces prochaines semaines. Sur ce point, ils jouissent d’un important soutien de la population. Selon un sondage représentatif d’Isopublic, 66% de la population trouvent que les grèves des travailleurs de la construction sont justifiées dans la situation actuelle. (résultats du sondage détaillés sur www.isopublic.ch).

 

L’objectif reste la conclusion rapide d’une convention nationale qui protège les travailleurs, garantisse les conditions de travail et offre des salaires décents. Unia fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’une telle convention soit aussi rapidement et à aussi grande échelle que possible.

 

Plus d’Informations:

Anne Rubin, porte-parole Unia

Hans Hartmann, porte-parole Unia

 

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