Plainte pour discrimination salariale

Dans le cas du procès pour discrimination salariale Catherine Reid contre Migros-Neuchâtel, Unia déplore que le tribunal ne se soit pas assez penché sur la notion de «valeur égale» pour un salaire égal.

Le Tribunal des Prud’hommes à Neuchâtel qui statuait sur l’affaire de l’ex-vendeuse Catherine Reid contre Migros-Neuchâtel, est arrivé à la conclusion que son salaire inférieur de Fr. 300 comparé au salaire d’un collègue masculin, plus jeune et moins expérimenté qui effectuait principalement le même travail, ne constituait pas une discrimination salariale.

 

L’avocat de la plaignante, Maître Jean-Michel Dolivo, regrette que le tribunal n’ait pas assez pris en compte que les activités effectuées par les deux collègues étaient de valeur égale. Leurs activités se ressemblaient en très grande partie (déchargement des palettes et rangement des produits dans la chambre froide et dans les rayons) et ne se distinguaient que dans le sens où le collègue masculin, engagé comme vendeur-magasinier, déchargeait les camions 2 à 3 fois par semaine tôt le matin, alors que de son côté Catherine Reid s’occupait également des commandes et de la caisse. Les témoins entendus ont mis en avant que la pénibilité des travaux effectués par les deux collègues était identique. Par contre, le tribunal a pour sa part surévalué la pénibilité du travail de décharge de camions, laissant entendre que ce travail méritait un salaire plus élevé. Le tribunal a sous-estimé la responsabilité et le stress liés au travail des vendeuses- caissières.

 

Salaire égal pour un travail de valeur égale

L’avocat de la plaignante a rappelé au tribunal que l’égalité salariale vaut aussi bien pour un travail égal que pour un travail de valeur égale. Unia qui a soutenu sa membre dans ce procès est particulièrement déçu du refus du tribunal d’ordonner une expertise qui aurait permis d’évaluer scientifiquement l’équivalence entre les deux fonctions.

 

La différence de salaire perçu par la plaignante a non seulement constitué une perte de gain pendant son emploi, mais a aussi des répercussions directes sur la rente AI que Catherine Reid, aujourd’hui atteinte d’une sclérose en plaque, perçoit. Il est particulièrement choquant que le tribunal ait affirmé qu’une inégalité salariale entre 8 et 10 % ne justifie pas que l’on se penche plus en détail sur l’inégalité. Unia s’en offusque car Fr. 300.- pour un petit salaire, c’est énorme ! La plaignante a décidé de faire recours au tribunal cantonal. Selon Maître Dolivo,  une expertise devrait être accordée par l’instance supérieure.

 

Plus d’Informations:

Catherine Laubscher, secrétaire régionale Unia Neuchâtel

Christine Michel, responsable dossier Egalité, Direction tertiaire Unia, Berne

 

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