Unia formule ses propositions d’améliorations du plan social Energizer, une entreprise qui en a largement les moyens

 

Energizer doit assumer ses responsabilités sociales dans ce plus gros licenciement collectif du canton depuis trente ans ! A quelques jours de l’issue de la procédure de consultation de la fermeture de l’entreprise Energizer, le syndicat Unia a fait parvenir hier 20 propositions pour améliorer le plan social Energizer. Ces propositions ont été remises à la Direction Energizer. Le syndicat Unia avait annoncé à la Direction Energizer son souhait de venir présenter la synthèse de ses propositions lors d’une des séances du « groupe des représentants/collecteurs Energizer »– conformément à ce qui lui avait été initialement proposé par la Direction Energizer lors de la rencontre avec les autorités. La Direction Energizer a fait savoir, il y a une semaine, à Unia qu’elle ne souhaitait finalement plus que Unia vienne présenter ses propositions.

Unia estime que l’entreprise Energizer doit assumer ses responsabilités sociales. En effet, lors de son arrivée en terres neuchâteloises, Energizer a bénéficié durant de nombreuses années de très grandes facilités fiscales de la part des autorités neuchâteloises. Par ailleurs, la santé financière du groupe Energizer  est éclatante : 668 millions de dollars de bénéfices, une croissance des bénéfices de 8,38 % et un accroissement des actifs de plus de 21,6 % sur trois ans ! Les actionnaires ont régulièrement vu leurs investissements être améliorés drastiquement. Cela grâce au travail fourni par les travailleurs à la Chaux-de-fonds et aux quatre coins du monde.

 

Si la première mouture du plan social mis sur la table par la Direction peut sembler conséquent, il peut et doit être substantiellement amélioré. Unia demande notamment:

 

Au niveau de l’emploi et de la formation :

  • des bilans de compétences individualisés avec un organisme du choix des licenciés pour tous ceux qui le souhaitent.
  • des formations CNIP, CIFOM etc. pour requalifier le personnel dans les secteurs horlogers ou autres (avec soutien financier de l’Etat).  

Au niveau des cercles des bénéficiaires :

  • des prestations pour toutes les catégories de salarié-e-s ayant œuvré pour Energizer, à savoir
  • pour tous les salarié-e-s avec contrats de durée déterminée,
  • pour tous les employés  temporaires en mission au 9 février.

Au niveau des mesures financières :

  • Augmenter l’enveloppe financière du plan social de 20 %
  • Augmenter les montants des indemnités financières qui seront versées d’un montant correspondant aux sommes qui devront être réglées à titre d’impôts (paiement indirect de la charge fiscale par l’entreprise et non pas par les licenciés).
  • Création d’un fonds de rigueur pour les situations particulières (hors enveloppe du plan social), fonds géré par deux représentant-e-s des salarié-e-s, deux représentant-e-s de Energizer et présidé par le Président de la Commission cantonale  tripartite du marché de l’emploi
  • Versement de Fr. 10'000.- pour les licenciés qui ne trouveraient pas de travail au terme de leur période de droits aux prestations de chômage (à prendre sur le fonds de rigueur)

 

Au niveau de la santé :

  • Visite médicale de toutes les personnes en emploi sur le site de Chaux-de-Fonds (contrôle des métaux, irradiations, etc.)

Nature juridique du plan social :

  • Unia s’inquiète vivement du fait que le plan social sera un document unilatéral de Energizer, signé par aucune entité juridique reconnue (ni par une commission du personnel, ni par un syndicat).
  • En cas d’éventuel non-respect (total ou partiel) de l’application du plan social, les licenciés n’auraient aucun moyen de faire reconnaître leurs droits

Unia espère que toutes les mesures seront mises en place pour permettre un nombre maximum de reclassement des licenciés Energizer qui vont se retrouver sur le marché des demandeurs d’emploi très tendu dans le canton.

 

La fermeture pré-annoncée du site Energizer constitue le plus gros licenciement collectif de ces trois dernières décennies dans le canton. C’est donc un vrai coup de poignard pour notre économie.


Renseignements complémentaires:

Pascal Crespin, responsable industrie

Catherine Laubscher, secrétaire régionale Unia Neuchâtel