Licenciements chez Johnson et Johnson - Appel au canton : il y a urgence !

Suite à l’annonce du licenciement massif au sein des entreprises Johnson & Johnson dans le canton de Neuchâtel et au refus catégorique de l’entreprise de rencontrer le syndicat, Unia a organisé une série d’assemblées du personnel. Les témoignages recueillis font état d’une attitude inacceptable de la direction, qui s’appuie sur une stratégie à la fois de contournement des dispositions légales et d’intimidation des employé-e-s. Unia demande au Conseil d’État l’organisation d’une réunion urgente qui mette autour de la table les autorités, le syndicat et la direction de Johnson & Johnson.

Les témoignages issus des nombreux échanges organisés par Unia avec les employé-e-s du groupe depuis l’annonce des licenciements font froid dans le dos. Ils montrent clairement que non seulement la direction du groupe a contourné les dispositions légales, mais également qu’elle semble avoir dissuadé toute émergence de mobilisation interne par des actions d’intimidation. Cette attitude est inacceptable de la part d’un employeur qui met régulièrement en avant ses bonnes conditions de travail.

Une période de consultation alibi
Dès l’information des licenciements connue, Unia a immédiatement exigé une prolongation du délai de consultation prévu initialement au 11 février. La direction du groupe a  décidé de prolonger la consultation d’un seul et unique jour, jusqu’au 12 février. Cette réponse est indigne d’un groupe de cette ampleur et marque un manque de respect flagrant vis-à-vis de ses collaboratrices et collaborateurs.
Le groupe est tenu d’appliquer l’art. 335i du Code des obligations : un plan social doit être négocié. Johnson & Johnson se moque manifestement du partenariat social cher à notre pays ,  facteur de stabilité,  La paix du travail est pourtant l’une des raisons qui fait que ce type d’entreprise vient s’installer en Suisse.

Manque de considération pour les travailleuses et travailleurs temporaires ou de maintenance
Unia a également été confronté à la détresse du personnel temporaire ou de maintenance, non directement employé par le groupe, mais dont l’investissement a toujours été nécessaire à la production, et qui ont contribué aux milliards de bénéfices que le groupe engrange annuellement. Ces personnes ne figurent pas dans les chiffres officiels du licenciement annoncés par Johnson & Johnson, et n’ont reçu que très peu d’information sur la suite des opérations. Pire, elles ont déjà pour partie été informées qu’elles n’auraient certainement pas accès aux indemnités de départ, alors que certaines sont là depuis de nombreuses années dans un statut précaire. Seul un plan social permettrait d’inclure ces personnes dans les dédommagements si les licenciements viennent à être confirmés. Le groupe doit prendre ses responsabilités : faire disparaître ce personnel du radar est totalement indigne.

Une séance urgente est nécessaire
Le délai de consultation prend fin dans 48 heures. Unia demande au Conseil d’État une rencontre urgente entre les autorités, la direction du groupe Johnson & Johnson et Unia. La direction doit s’expliquer sur ses méthodes et respecter le droit des salarié-e-s de s’exprimer.